Marie-Pierre Simon Koch – Peut-on encore avoir de l’esprit ?

Les actes symptomatiques et accidentels

Cette conférence est dédiée à Michel et Bernadette.

Je vous propose de partir du texte de Freud « Psychopathologie de la Vie Quotidienne », publié en 1900, qui s’intéresse aux actes manqués, lapsus, oublis, etc…De façon plus large, je pense que ce que Freud évoque là concerne très précisément la vie de l’esprit puisqu’on y trouve aussi ce qui concerne les rêves, la magie, les superstitions, les croyances, les mots d’esprit. Freud publie au même moment « La Science des Rêves ». Pour lui, tous ces phénomènes ne sont pas dénués de sens, ou sans intérêt, au contraire, ils viennent des profondeurs de l’âme, ils nous révèlent des pensées qui sont le plus souvent d’un registre très particulier : ce sont des désirs cachés, interdits, qui tout d’un coup se manifestent et nous surprennent. Dans le rêve, ces désirs cachés nous emmènent dans des aventures assez inédites parfois. Le savoir psychanalytique nous invite à nous demander en quoi ces pensées sont bien les nôtres et en quoi ça nous parle, à nous en tant que sujet.

Dans ce chapitre sur les actes accidentels et symptomatiques, « accidentels » voulant dire qu’ils ne se produisent qu’une fois, « symptomatiques » s’ils se répètent, Freud propose de citer un seul exemple qu’il choisit pour nous montrer à quel point « un acte symbolique, devenu une habitude, peut se rattacher à ce qu’il y a de plus intime et de plus important dans la vie ». Je vais donc résumer aussi brièvement que possible ce seul exemple, ce qui permettra d’en discuter par la suite et ce qui pourra également donner une idée de ce que Freud rapporte dans ce texte.

C’est l’histoire de ce jeune médecin et de son stéthoscope simple en bois. Le stéthoscope en bois se présente comme un tube qui est ouvert largement aux extrémités, un coté que l’on pose sur la poitrine du patient, l’autre côté le médecin l’approche son oreille pour écouter les battements du cœur. On peut encore se le procurer, sur internet il est à 23€. Ce médecin vient de retrouver cet instrument ancien qui n’est plus utilisé. Il s’est senti comme « poussé » à le poser sur son bureau entre son siège et le siège de la patiente, alors qu’il range tous les autres dans un tiroir. Il se pose la question de ce geste car il s’est familiarisé avec la méthode psychanalytique : « il veut tirer la chose au clair ». Donc il essaye de voir quel lien il pourrait faire, un lien de pensées avec cet objet et il lui revient plusieurs souvenirs.

Un premier souvenir concerne son professeur de médecine qui se promenait lors de ses visites à l’hôpital avec cet instrument qu’il avait toujours à la main, alors qu’il ne s’en servait jamais. Lui-même, interne à l’hôpital va faire la même chose. D’autres souvenirs lui reviennent. En tant que jeune garçon, il se souvient que leur médecin de famille avait l’habitude d’utiliser cet instrument et pour ne pas l’oublier, il le mettait dans son chapeau. Il était très attaché à ce médecin, et vers l’âge de 8 ans, il aurait été très impressionné en entendant ses camarades parler du médecin et dire « qu’il avait l’habitude de se mettre au lit avec ses patientes ».

Il se souvenait aussi que sa mère était sa patiente, il réalise du coup que lui aussi il a éprouvé à plusieurs reprises un désir pour l’une ou l’autre de ses patientes, d’ailleurs il en aurait aimé deux, dit-il et il aurait épousé la troisième. Le stéthoscope entre lui et les patients, c’est finalement Freud qui va lui en donner son interprétation : ce stéthoscope posé de façon symbolique entre lui et ses patientes venait surement lui rappeler son désir pour ses patientes mais aussi venait lui rappeler que ce désir était inconvenant et donc interdit. Le médecin de son enfance, figure paternelle admirée et aimée, serait inconsciemment à l’origine de sa carrière de médecin par identification.

Un seul exemple ? Dans ce seul chapitre, « actes symptomatiques et accidentels », 30 pages, 22 récits de cas. Les autres chapitres, dont les thèmes ont déjà été évoqués, rapportent environ 200 cas racontés, explicités, analysés. Aujourd’hui, cette somme d’informations, d’observations peut paraitre assommante, car depuis les travaux de Freud, nous avons intégré, dans notre vie quotidienne, ce que veut dire un acte manqué, un lapsus, un oubli.  Alors que Freud, au tout début du XX ème siècle, devait convaincre par une approche scientifique. Cette nouvelle démarche demandait qu’à travers un grand nombre d’observations, les divers actes manqués relevaient tous, sans exception, d’une même logique reliant par les mots dans leur rapport équivoque au son ou au sens, à des pensées manifestes ou latentes concernant des désirs intimes.

L’époque de Freud était en fait une époque qui n’était pas ouverte à ce type de considérations et je voudrais justement parler de l’esprit de cette époque à la fin du XIX à Vienne. Si on veut avoir une bonne idée de l’esprit de cette époque, je vous conseille la biographie de Sigmund Freud écrite par Stefan Zweig en 1931 et aussi l’autobiographie de Zweig publiée en 1943, « Le Monde d’Hier ». Il y aussi, si la psychanalyse vous intéresse, les nombreuses biographies des grandes figures de l’histoire par Zweig. Stefan Zweig était un proche de Freud. Ces biographies nous révèlent le plus intime de ces grands personnages, leur face cachée, leurs conflits internes.  Zweig parle aussi de cette morale très codifiée, aux conventions sociales très rigides, où la piété n’est que surface, où l’on se plait à dissimuler la jouissance et en particulier celle qui se rapporte au sexuel : évitement, mensonges, fausseté, hypocrisie « Pendant un siècle, dans toute l’Europe, la question sexuelle est mise en quarantaine. Elle n’est ni niée, ni confirmée, ni soulevée, ni résolue, mais tout doucement poussée derrière un paravent ».

D’un côté, la société viennoise à la fin du XIX° siècle est une société fixée dans la tradition, où socialement rien ne doit changer ni évoluer, alors que d’un autre côté, les découvertes scientifiques sont très nombreuses. Zweig nous dit : « Chaque jour, presque chaque heure annonçait de nouvelles découvertes et de nouvelles victoires de l’esprit ».  C’est vraiment un moment où tout doit être soumis à l’intellect, et c’est ce qu’il appelle l’orgueil de la raison, la maîtrise des corps et des âmes et le « triomphe de la volonté ». 

A cette époque, une représentation mécaniste domine.  Le corps est conçu comme une machine, qui fonctionne par des circuits nerveux et les divers organes assurent les fonctions vitales. Freud, déjà dans « L’Esquisse » en 1895, puis dans « la Science des Rêves » en 1900, décrit lui aussi divers circuits énergétiques dans le fonctionnement psychique. Jeune agrégé de neurologie à 29 ans, il va s’intéresser aux crises d’hystérie, qui se manifestent par des paralysies, des cécités, des convulsions, et d’autres accès nerveux. Les techniques de l’époque pour traiter ces affections dont on ne trouve aucune cause physiologique, cherchent à intervenir sur les flux nerveux. Il constate que   médicaments et traitements divers sont inopérants. Freud nous révèle aussi un trait de son caractère qui n’est pas sans lien avec la façon dont il va s’intéresser à ces questions : « j’étais plutôt mu par une soif de savoir qui se rapportait aux relations humaines bien plus qu’aux objets naturels ».

Il va mettre un certain temps pour obtenir son diplôme et il entend parler d’une autre méthode qui se pratique à Paris à la Salpêtrière par le professeur Charcot (1825-1893) à partir de l’hypnose. C’est une tout autre démarche qui s’appuie sur les révélations de la vie intime des patientes, et les résultats sont réels. Il m’a paru intéressant pour notre propos de se pencher sur l’un des derniers textes célèbres de Charcot, publié en 1892 intitulé « La foi qui guérit ». Charcot s’est intéressé aux guérisons miraculeuses. Certaines afflictions psychiques, les paralysies, les cécités, les convulsions, mais aussi les ulcères, les tumeurs, tout ce qui peut démontrer l’influence de l’esprit sur le corps va intervenir dans ces guérisons dites miraculeuses. Celles-ci demandent une certaine préparation psychique des personnes, un parcours initiatique, des cérémonies, et un lieu, un sanctuaire où l’on a déposé des statues, des reliques, des objets en lien avec la divinité. Ces lieux de guérison ont d’ailleurs toujours existé depuis l’Antiquité. Charcot remarque que ces guérisons miraculeuses se produisent lorsque les personnes ont réussi à se rendre disponibles à la guérison. « Une disposition de l’âme », « une disponibilité de l’esprit » est nécessaire pour la guérison. On peut aussi mentionner que la biographie de Freud par Sefan Zweig a pour titre original « Die Heilung durch den Geist » qui se traduit par « La guérison par l’esprit ». Il a dédié ce livre à Albert Einstein et il a repris cette phrase de Novalis, écrivain et poète romantique allemand, en introduction « Chaque trouble de la nature est le rappel d’une patrie plus haute ». On entre effectivement dans la psychologie des profondeurs.

De retour à Vienne, après son séjour à Paris, Freud informe ses collègues médecins par une conférence qui expose ces nouvelles méthodes. Son rapport est très mal accueilli, il est raillé, il est moqué, il ne sera ensuite plus jamais invité. Il semble aussi que ses collègues viennois aient encore le souvenir de certaines pratiques d’hypnose et de magnétisme exercées par le docteur Franz Anton Mesmer. Ce médecin, de la fin du XVIII ème, ami de Mozart, guérit les crises nerveuses par le magnétisme, utilisant des « aimants » terme français bien choisi, en disant qu’il existe un fluide universel qui sert d’intermédiaire entre les corps, et que ces maladies résultent d’une mauvaise répartition de ce fluide. Les aimants qu’il met partout sur le corps, vont jouer un rôle amplificateur et directionnel, vont pouvoir provoquer des crises intérieures par cette action de l’extérieur qui aura un effet de guérison.  Il obtient des résultats spectaculaires. Il va entre autre proposer son traitement auprès d’une jeune fille Maria Thérésa von Paradis, musicienne quasi aveugle âgée de 18 ans dont l’état va bientôt s’améliorer. Mais après un certain temps, elle interrompt son traitement. A l’époque, plusieurs commentaires circulent sur ce cas : la jeune Maria aurait été « l’aimante » du docteur Mesmer, qui n’aurait pas été insensible et la guérison tiendrait essentiellement à son magnétisme à lui…Le docteur aurait dit « ni la fille ni la mère ne voulait plus guérir, la guérison compromettait le succès musical de la jeune fille et aurait mis fin à la générosité de l’Impératrice d’Autriche ». Il faut aussi ajouter le caractère hypersensible et instable du docteur qui va quitter Vienne. Il viendra à Paris, ville en pleine ébullition et commencera par faire fortune avant de disparaitre.  Face à ces diverses pratiques encore présentes dans les esprits de la bonne société viennoise, celle -ci n’est pas du tout prête à s’intéresser à la nouvelle méthode proposée par Freud. Et quand en 1905, il va publier « 3 essais sur la théorie de la sexualité » en disant que le jeune enfant est un pervers polymorphe, ce sera selon Zweig, « comme un coup de pistolet dans une église ! ». 

Je me propose maintenant de revenir sur cette question d’intérieur et d’extérieur. Au début de ses recherches, Freud va opposer ces deux termes : il y aurait ce qui est extérieur comme des actes, des comportements, des symptômes, les contenus manifestes du rêve, sont dirigés vers l’extérieur et ce qui est plus interne, plus profondément enfoui à l’intérieur du psychisme. Ces représentations renvoient à l’image de l’iceberg, avec le conscient, essentiellement le moi qui serait visible en surface et dessous l’inconscient pulsionnel, lieux des conflits intra psychiques. Il met en évidence à partir de ces lieux psychiques deux déplacements : celui du refoulement qui va du conscient vers l’inconscient, refoulement des pensées inconvenantes, interdites, et dans l’autre sens ce qu’il appelle le retour du refoulé qui s’exprime souvent de façon très particulière et symbolique dans les actes manqués, les lapsus, les actes accidentels et symptomatiques.

Freud nous dit aussi que dans l’inconscient, le temps n’existe pas. C’est dire que des évènements qui peuvent dater de très longtemps, de très anciens souvenirs peuvent tout à coup être tout aussi puissants et forts sur le plan émotionnel quand ils viennent réinvestir le moi.  Il nous dit aussi que l’inconscient ne connait pas la contradiction, ni le jugement moral. Les contenus les plus intimes du sujet sont là. De même l ’ ambivalence des sentiments est souvent à l’origine de conflits psychiques inconscients et quand quelqu’un parle avec une formule de déni, le psychanalyste entend la présence du signifiant. Vous pouvez vous rapporter à l’article de Freud sur la dénégation.

Pour revenir au texte de Freud et les multiples cas qu’il rapporte, il s’agit de monter que le moi n’est pas maitre en sa demeure. Par la suite il dira que finalement, l’ensemble du fonctionnement psychique est inconscient. Dans son texte de 1923 « Psychologie des Foules et Analyse du Moi » encore d’actualité, malheureusement aujourd’hui, l’unité du moi est une illusion. La maitrise des pulsions, qui était le propre du moi civilisé, est aussi « une façade ». Il suffit de voir en période de guerre, des braves gens comme on dit, qui vont se prêter tout à coup à des actes de violence, parfois même de barbarie.

Depuis Freud, on connait un peu mieux les profondeurs de l ‘ âme, sa complexité, son mystère et les moments d’étonnement pour le sujet s’il veut bien en reconnaître les manifestations, celles qui lui révèlent son désir, et ordonnent ses jouissances comme étant les siennes, dirait surement le docteur Dorgeuille.  On est bien loin de la toute-puissance de la raison et du triomphe de la volonté, puisque comme on vient de le dire, le moi n’est pas maitre en sa demeure.

A partir de Freud et des différentes topiques qu’il élabore, Jacques Lacan reprend cette question de conscient et d’inconscient inscrits pour le « parlêtre » comme étant l’envers et l’endroit de son discours. Avec les figures topologiques, comme celle d’une bande de Moebius, il montre que l’on passe de l’intérieur à l’extérieur sans franchir de bord. Le trou central figurant le réel à partir duquel le langage va tisser à l’infini sa toile sans jamais le recouvrir totalement. L’écoute du psychanalyste procède un peu de cette bande de Moebius, c’est à dire de faire entendre et de faire parler le désir à partir des deux faces du discours tissées autour d’un trou. On pourrait citer d’autres figures qui témoignent aussi de nos grands moments d’errance :  c’est Sisyphe et son rocher, condamné pour avoir osé défier les dieux, ce seront les tentatives totalitaires, résolues à vouloir nier tout réel, moments tragiques de l’histoire de la « déshumanité ».

Freud pensait que les pensées inconscientes pourraient être réintégrées dans le conscient et que grâce au soutien du psychanalyste, le patient acceptait ces pensées comme étant les siennes, même si elles lui étaient désagréables ou inconvenantes, ce qui permettait de restaurer l’unité de la personnalité. Il y a bien ici la nécessité de rétablir une certaine continuité entre ces différents lieux psychiques, qui permet effectivement que la parole circule entre ces divers lieux, selon la fameuse phrase de Lacan « l’inconscient est structuré comme un langage ».

Freud l’avait déjà repéré dans la science des rêves puisque c’est à partir de ce que l’on raconte de son rêve, que l’on pourra entendre les équivoques, les sens et les sons propres à la structure signifiante du langage, et être surpris des liens qui vont se faire, des associations de pensées qui vont nous révéler à nous-mêmes.

Pour finir ce soir, concernant notre demeure et notre monde intérieur, on ne peut pas ne pas parler du monde de la spiritualité, spirit en latin, c’est l’Esprit. La guérison par l’esprit, la vie de l’esprit, le bel esprit, l’esprit d’ouverture, l’esprit de géométrie et de finesse selon Pascal. Notre appartenance culturelle n’est pas sans lien aussi avec la façon dont on peut concevoir et évoquer cette question de la demeure. C’est le lieu de cette « instance donatrice » comme l’appelait Charles Melman.

Toute l’histoire de la pensée philosophique nous parle de ce monde intérieur, de cette vie de l’esprit. Pour Lacan, Socrate accoucheur des esprits, fut le premier psychanalyste.

J’ai choisi pour ma part de vous citer un philosophe, grande figure de la spiritualité chrétienne du IV siècle: saint Augustin dont le livre encore très lu aujourd’hui s’intitule « les Confessions ». Dans ce livre, il analyse ses propres pensées, les passages à l’acte de sa jeunesse, il y raconte le fameux vol de poires sur l’arbre, non pas pour les déguster, elles avaient l’air succulentes, mais au contraire un acte gratuit, uniquement pour le plaisir de les saccager. Il essaye d’analyser ces pulsions violentes, sa vie très dissolue à la recherche de toujours plus de jouissances, et aussi comment il a voulu répondre au désir de ses parents de devenir un grand orateur. Il se rend compte aussi que plus il faisait l’admiration de son public, plus il avait de succès, plus il trompait l’auditoire… Saint Augustin a fait tout ce cheminement dans son monde intérieur et a cherché, comme Freud bien longtemps après lui, une parole de vérité. Voici quelques-uns de ses commentaires où il parle de la chambre intérieure de la façon suivante : « Cette grande rixe de ma maison intérieure ». Il dit aussi « la paix du logis n’est autre que la conscience purifiée. La mauvaise conscience rendant ma chambre inhabitable… C’est dans l’homme intérieur qu’habite la vérité ». Il y a aussi ce livre de Jean Louis Chrétien, philosophe chrétien évidemment, « l’espace intérieur », où il nous dit « avec Saint Augustin, pour les croyants, concernant la demeure intérieure, la question majeure de la foi s’exprime ainsi: « suis-je ou ne suis-je pas seul chez moi? ».

Pour toute la tradition des Pères de l’Eglise et donc de la foi chrétienne, « cette demeure est habitée par une autre présence que le mienne, c’est le lieu de l’altérité totale, du dialogue et de la prière. Dieu est donc, d’une façon ou d’une autre, dans la chambre de mon cœur, dit St Augustin, il y est avant moi et m’y attend. C’est moi qui m’en suis fermé la porte, en m’enfermant dehors ».

Je termine donc par ce retour à St Augustin et en rapport à notre époque, qui est comme on le dit très orientée par la consommation, son accélération, sa logique de rationalisation, et nous amène à constater la solitude de l’homme moderne, la solitude dans les sociétés sans transcendance.

La question que l’on pourrait se poser ce soir pourrait être celle-ci : sommes-nous encore invités à avoir de l’esprit? Ou bien sommes-nous déjà enfermés dehors?

Je vous remercie.

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